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POÈME 77















Langue de ma mère

Entrailles de mes entrailles, terre de mes terres
terre de FEU qui embrasse mes territoires, crée, anéantie
tu habites, attises, fleuris des arcs en ciel majestueux
dans les terreaux de terres sédentaires fertiles
où jeux de l’esprit se manifestent allègrement

Source de vie, émergée de la mer des mers
enracinée profondément dans la mère de ma mère,
le père de mon père, de l’espace de nos espaces
tu te nourris de la richesse des mots, d’exaltation
de la poésie de la langue de Molière

Coiffée de constellations, parfois habillée de MAJUSCULES
tu brilles de fière allure, de minuscules tu t’insères
dans la quotidienneté, nourriture de continuité
lieu d’univers intimes où la théâtralité se manifeste
performe, danse au rythme de ta musicalité

Terre de mes terres, sang de mon sang, vaisseau vivant
tu tangues sur les vagues de la pensée, tu avances parfois
dans les eaux troubles, peuplées du déserts d’ignorance
d’indifférence totale conduisant insidieusement
à la mort des mots de la langue qui nous enflamme

Au sein des possibles, féconde d’imaginaire nécessaire
je tressaille, je m’inquiète pour toi, langue-terre en errance
en exil dans les étendues d’individualité maladive
où le maître Dieu-argent s’active de plus en plus
dans le monde des mondes

Entrailles de mes entrailles, terre de mes terres maternelles
j’ai soif de toi pour les enfants de mes petits enfants
j’ai soif de conscience, d’égalité, de respect qui germeraient
en arbre-poésie, arbre-amour, arbre-caresses réconfortantes
sur les terres de la langue de nos mères, terre de nos espoirs

Christiane Simoneau (QUÉBEC, CANADA)


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