Autres Sites








Partenaires




POÈME 539




SONGE

Passer les heures chaudes du jour, à l’ombre de douces présences,
Emporté par le rêve d’une harmonie des variétés,
Se laisser bercer par la farandole des cultures
qui verra la disgrâce des frontières
et défiera, en beauté, la splendeur de l’Océan.

Le jeu si délicieux des liens qui se nouent
dans l’extase d’une langue aux allures de câlins,
qui étanchera notre désir d’universalité,
et nous fera oublier ces frissons anciens
sortis des profondeurs de nos songes.

Ensemble, on inventera la solidarité
en succombant à la tentation de l’amitié dans nos bras de velours.
On profitera de la marche hésitante de l’horloge
pour régler nos pas heureux
sur les battements de nos cœurs unis.

Ivres d’un désir ardent, ô Liberté,
sur cette terre souvent trouble qui garde encore le charme de la vie,
nous oublierons l’éclair et la foudre
en consacrant le dialogue, roi, dans les cœurs.

J’ignore l’histoire de la prochaine aurore,
mais je sais que nul hiver,
nul éclat de soleil tropical,
ne pourra contrarier le printemps de notre communion.

Molière, Senghor et Miron naviguant dans la même barque,
au milieu d’un monde où les oiseaux se font frères des fleuves ;
et nous resplendirons ensemble, malgré le fracas des temps maussades.
Et nos pères et nos mères
verront l’étreinte de l’espérance sur nos faces ravies.

Et nous ferrons le serment de continuer, par-dessus nos accents,
à nourrir la torche qui ne faiblira pas dans nos nuits, la torche de la Francophonie…

Médard K. Bouazi (QUÉBEC, CANADA)




RETOUR A LA LISTE DES POÈMES