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POÈME 530




FILS DE PERSONNE

D’un sursaut, de bras de Morphée je m’arrache
En automate, je me hisse au sommet sans panache
Jusqu’à l’orgasme d’un étirement presque bestial
Les craquements des articulations font l’inventaire de mes fatigues proverbiales.

Je me sens déjà re-naître de l’utérus d’un autre monde
Le perchoir du soleil est vacant, à la seconde
Le ciel n’est plus qu’un vieux plafond croulant
Et le globe terrestre, un petit tas de merde

Mon Paradis noir éclot doucement de la cendre mortuaire
Des excès infernaux d’une journée interminable
Où l’hyperbole méprisante est cavalièrement rivée à chaque mot
A chaque expression, à chaque regard, à chaque geste…

Nuit noire d’Afrique,
On dit qu’elle est la nuit qui nuit
Peuplée de sorciers, mangeuse d’étoiles
Bâillonne la presse chantée d’agaçants gibiers à plumes
C’est bien elle ma forteresse, mon Eden
Là, j’enfourche un cheval de feu, brave tous les interdits
Et cavale hors du temps
Car même mon propre corps n’est plus ma demeure
C’est là que j’essaie de bâtir mon avenir
Avec l’argile des mes rêves
C’est là que je vis à temps plein me nourrissant de prières et de rêves

Privé de rêves que suis-je d’autre ?
Cordon ombilicale raccordé à la rue, ainsi je suis né
Fils de personne
La sorcellerie, je la porte comme une médaille olympique
Voilà pourquoi le jour m’intimide, me blâme.

Idriss - Ghislain OKENGE KONGA (République Démocratique du CONGO)




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