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POÈME 481




HOMMAGE À MA MÈRE

Le silence éternel et la nuit ont enfoui
Sous une terre cruelle les restes chéris
De celle qui fut ma mère et ma seule amie,
Dérobant son visage à mes pleurs infinis.

Tu es partie, Maman, trop tôt, trop loin, trop vite,
Sans formuler l’Adieu que mon cœur repoussait,
Sans me laisser te dire ô combien je t’aimais,
Sans même un seul regard sur ce monde insolite.

Pour que tu sois debout au fond de ma mémoire,
Je célèbrerai quand même ta fête, o mère,
Non point avec des fleurs, obole dérisoire,
Mais avec mes mots puisés dans ta lumière.

Je serai si tu veux un pur peintre flamand
Ou le divin Raphaël peignant ta blondeur,
Et dans tes yeux si sages exempts de tourments
Surgira tout l’azur de leur tendre couleur.

Mes années ont gardé ton legs inaltérable
L’amour puissant des livres et la passion des chats,
Le goût pour la beauté et les rêves indomptables
Et une grande patience brodée au canevas.

Car tu connus les joies en étoiles filantes,
Les averses de l’âme éprouvée et meurtrie,
Mais tu fus si fière , saluant dans la vie
Les bonheurs fugitifs et l’espoir des attentes.

Ta foi t’a escortée soutenue, consolée
Et ton Dieu te savait pure, il t’a enseigné
A respecter les êtres, à accepter le Monde
A aimer tes enfants, cette lignée féconde,

A leur léguer ces biens au nom d’or et d’argent,
Ces valeurs qui font l’homme et son cœur triomphant:
Intégrité, honneur, justice et compassion,
Tout ce qui imprégna tes si nobles actions.

Il ne sera pas dit que j’éteindrai en moi
La flamme d’un Amour brûlant dans mes pensées,
La douceur d’un visage au sourire discret,
L’écho tant désiré d’une si chère voix .

Car je ne laisserai point partir ta belle âme
Vers le cruel pays de l’oubli ravageur,
Car toujours pour moi , tu seras la grande Dame
Aux bras si caressants et à l’esprit charmeur.

Mélika Golcem Ben redjeb (TUNISIE)




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