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POÈME 445




ET, ENFIN JE SOURIRAI

Libre de mes nuits solitaires,
Je vois passer le temps.
Ivre de mes ennuis de galère,
Je vois danser mes tourments.
Et, j’ai peur !
J’ai peur de partir sans avoir touché
Les étoiles de mes yeux,
De mourir sans avoir vu ce coucher
De soleil qui m’émeut.
Et, je me demande !
Je me demande où se sont égarées
Mes espérances et mes envies.
Sont elles allées se murer
Dans les bas fonds maudits ?
Et, je m’inquiète !
Et je m’inquiète devant l’ampleur
De mes déplaisirs,
De tous mes bleus au cœur
Qui me font souffrir.
Et, je pleure !
Et, je pleure, chargée de constats amers,
De toutes ces peines perdues
A vouloir tout essayer et tout faire,
Pour sortir de mon couvent perdu.
Et, je tremble !
Je tremble en voyant présent courir
Après son passé révolu,
Doutant de son passage à l’avenir,
Brodé de vide et de refus.
Et, je fume !
Je fume mon désarroi en colère, ébranlée
En voyant pleurer mes étés
Dépourvus de leur ciel étoilé,
Et de toutes ces saisons écourtées.
Et, je pense !
Je pense à tous ces discours inchangés
Pleins de mépris et de haine,
A tous ces parcours saccagés
Par tant de pluies diluviennes.
Et, j’ai honte !
J’ai honte pour tous ces soirs de souffrance
Et tous ces matins de lassitude,
Passés, les points liés par le silence
Bercée par le pli de toutes ces habitudes.
Mais je rebondis !
Je rebondis pour pousser au loin mes défis
De fermer le livre de mon histoire
Pour que mes enfants ne puissent connaitre ce gâchis
Qui m’a hantée, tel un cauchemar.
Et, je jure !
Je jure de panser mes blessures
Pour que jaillisse dans leur vie
Un bonheur certain et pur
Que je leur offrirai, même accroupie.
Et, enfin je sourirai !

Ouarda Baziz Cherifi (ALGÉRIE)




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