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POÈME 417




LA FLEUR

De l'onde pure est née une fleur
C'est ma fleur pleine de fraîcheur
Venue seule d'une lointaine planète
Brave et frêle dans mon jardin elle s’arrête

Dès l'aurore brillait sa limpide beauté
Du noble charme ruisselait sa volupté
La rosée qui descend était son réveil
Le regard des hommes fut son soleil

On ne saurait ailleurs trouver parfaite ampleur
Et l'on venait de bien loin admirer ma fleur
Les poètes y trouvèrent écho à leur âme
La nature resplendissait de nouvelles flammes
Mon jardin s'embauma de ses divines senteurs
C'est le pays des mille et une nuits dirait le conteur...

Le soir telle une amante par un vertige prise
Elle frémissait sous la douce brise
Cambrant lentement alors ses pétales
Languissante elle contemplait les étoiles...

Émerveillé j'arrosais ma fleur matin et soir
Qui devenait mon poème d'espoir
Mais O ! malheur ! ce matin étant allé la voir
Elle était piétinée et je ne pouvais y croire...

Est-ce donc vrai que les fleurs se fanent
Et qu'elles s'abandonnent à une mort profane ?
Est-il juste que le temps ravisse leur âme
Et désole tant de candeur et de charme !

O ! destin cruel ! qu'avons-nous fait ma fleur et moi
Pour être si impitoyablement séparés ?
Qu'elle est donc ta si triste loi !
Qui nous éloigne de ceux qu'on adorait ?!
Mais...

Mais qu'invoquer du temps si ce n'est le faux
En vain y chercherai-je ce qu'il me faut
La vérité illumination de la franchise
Ci-bas souvent devient de l'injustice
Aussi garder sa langue en pareils moments
A cela l'on a recours incessamment
Quant au destin insouciant il accomplit son devoir
Le faible l'accuse par désespoir...

Ma fleur à moi m'a donc été prise
Par ce que l'on appelle un vice
Celui de la méchanceté destructrice
Dont l'homme mauvais est une flamme créatrice...

Quant à moi j'aimais tantôt une innocente fleur
Qui me procurait son naïf bonheur
D'elle je conserverai malgré les vautours
L'image douce de toujours...

Mostafa DHRIF (MAROC)




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