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POÈME 408




AU NOM DES SANS DENTS

Dans les pompeux salons privés de l’Elysée
Se tiennent des propos cruels et méprisants
Le roi élu se moque, non sans légèreté,
De pauvres anonymes qu’il nomme « les sans dents ».

Dégoût du citoyen, propos condescendants
Sont-ils les attributs de notre Président ?
C’est pourtant ces « sans dents » dont il rit à outrance
Qui l’ont hier choisi pour gouverner la France !

Comment être surpris du mépris de Caton
Le mensonge est une arme dont l’usage corrompt.
De sombres qualités l’ont mené au pouvoir
Mais par son exercice il nous vole l’espoir.

Derrière ce museau rond au sourire ravageur
S’il-y-a de belles dents il n’y a plus de cœur.
Démagogie, cynisme mènent aujourd’hui la danse
Et la nation se meurt de scandales à outrance.
Alors je me permets, malgré basse naissance,
Un avertissement à valeur de voyance.

Peu à peu le pays s’est empli de rancœur
Et quand les rues s’enflamment rien n’éteint leur ardeur.
Méfiez-vous des « sans dents » qui semblent si soumis
Car ils pourraient un jour quitter leur apathie.
D’autres maitres avant vous ont goûté au plaisir
De rire de la misère et d’en faire un loisir ;
C’est par le vêtement qu’ils se sont amusés
À mépriser les pauvres aux pantalons rayés.
Mais un jour de Juillet ce sont ces « sans culottes »
Qui se sont transformés en héros patriotes.
Ils ont vaincu les rois, repoussé les armés,
Inventé la patrie, l’espoir, l’égalité !

Ces soldats de fortune de la révolution
Que vos discours encensent comme fils de la nation
Sont en tous points semblables aux « sans dents » anonymes
Victimes de vos sarcasmes et de vos pantomimes.

Citoyens sans moyens aux vies parfois amères
Ils aiment leur pays et leur cœur est sincère.
Et malgré les soucis et le dur labeur
S’ils ont perdu les dents ils gardent leur honneur.
C’est par leur énergie que ce pays survit
Et c’est donc grâce à eux que vous vivez aussi.

Maximilien Danton (FRANCE)




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