Autres Sites








Partenaires




POÈME 379




PÉRIPLE D'UNE LANGUE

Majesté de cette langue aux divers visages,
Voyageant dans l’éther au-dessus des nuées
Et fixant sur les mers ses beaux yeux azurés
Emplis par les lueurs de tant de blonds rivages

Elle fut princesse à Vienne et sous sa noble égide,
Metternich, Talleyrand et le tsar Alexandre
Ouvrirent le grand bal des gracieuses sylphides
Faisant valser l’Europe aux bras des salamandres.

Plus tard, elle s’en alla dans de simples atours
Arpenter l’univers et conquérir l’amour.
Charme, beauté culture et goûts cosmopolites
La placèrent au rang d’unique favorite.

L’Occident lui offrit de lointaines conquêtes
Des terres recélant des richesses secrètes,
De Dakar à Tunis son périple insolite
Capta à son insu l’adhésion des élites.

Les hommes lui firent fête. Au cœur de l’Afrique,
Elle fit preuve d’un art et de dons pléthoriques,
Son savoir infini et ses œuvres éclectiques
Lui ouvrirent le cœur de la bleue Amérique.

Elle voulut de l’Asie dévoiler les mystères
Et porter ses pas vifs jusqu’à Pondichéry,
Des odeurs la grisèrent et sa voix de lumière
Vogua sur l’Océan et défia l’infini.

Sa grâce subjugua le talent des artistes :
Un tableau fut créé aux couleurs de printemps,
Le rouge de l’Amour et le bleu des ardents
Invitèrent le blanc au ballet fantaisiste.

Ainsi se forma vite la ronde harmonieuse
De ces êtres nimbés d’une langue fougueuse
Dont l’esprit d’aventure et la verve joyeuse
Illustraient pour le Monde une France radieuse.

Mélika Golcem Ben Redjeb (TUNISIE)




RETOUR A LA LISTE DES POÈMES