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POÈME 344




LA FILLE DE LA PLACE

Assise à la terrasse d'un café
Le soleil très haut la fixait
Je l'aperçue dans un coin de la place
Prête à ne pas céder son espace
La comédie était prête
Les spectateurs étaient en place
Il faisait beau et chaud
Le parvis grouillait de monde
Une cigarette à la main
Mon regard fixait ses reins
Elle ne tenait plus debout
Lasse de tout
Le monde entier à sa portée
Seule face à sa destinée
Elle se mit à chanter
Devant une foule déchaînée
Elle chantait seule au milieu de la place
Elle se déhanchait sur son air de musique
La mélodie dans ses oreilles
Sur un morceau de Ravel
Abandonnée par sa musique
Sa peau bronzée je l'admirais
Pénétrée par un son magique
L'observant j'aimais ses mimiques
Toute vêtue de noir
Elle sentait le désespoir
Cette couleur noire qui donne l'espoir
Elle se mit à chanter
La foule était en liesse
Les gens lançaient des pièces
Elle entra en transe
Sous un soleil éclatant
1Fin du déhanchement
Fin du fredonnement
Les applaudissements pleuvent
Sous un tonnerre fracassant
Elle s'en allait les poches trouées
Les pièces emportées par une cohue agitée
Emportée par la foule, elle se mis à marcher
D'un pas empressé
Je l'aperçue dans un supermarché
Tout près de moi, je l'ai approchée
Son corps se balançait, les yeux fermés
Toujours délaissée prête à s'en aller
Elle ne tenait plus debout
Esseulée avec ses quelques sous
Sa monnaie comptée
Elle chantonnait
Elle s'en allait
Ravie, prête à recommencer
Pour satisfaire une foule allégresse
Et reconquérir quelques pièces

Salima Sedira (FRANCE)




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