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POÈME 322




NOTRE VERBE

Tenter de fuir
Eviter de courir
Effrayer de mourir
Dire et redire

Parler sans le vouloir
Prévaloir ce territoire
Unique son histoire
On est tous dans son entonnoir

Dans l’espace corps mélangés d’eau et de sang
Le fil brûlant de résignations et d’encens.
Parfumé de galères et longtemps,
Attachés à cette terre comme une femme à son amant.

Toucher l’air nauséabond
Flairer le rire d’un pauvre-bon
Risquer de croire la méchanceté d’un riche
Vivre du ton: on s’en fiche!

Naturaliser ton identité
Tourner autour de tes racines
Peindre l’immortalité de cette terre rayée
Souffle d’un naufrage dans ses pensées-ravines.

Osé de vivre l’impossible
Désireux, miséreux et croire le possible.
Profaner l’avenir cœurs chimériques
Regarder le vide d’un horizon colérique.

Aimer et embrasser l’illusion
Connaitre l’amour sans passion
Dégoûter la frivolité de cette chaire féminine
Fuir de mon hème cette fugace globine

Déçu d’avoir été l’élu
Content maintenant d’être un rebut
Enfant sans condition de respirer
Esclave asservi de fouets sans être un jour épargné

On est ici martyrs de plusieurs verbes:
Souffrir, espérer, s’unir
Prier de ne plus trouver l’envie de jouir
Espérer plutôt de comprendre la force du verbe

Se suicider sans perdre la vie
Se tomber, se lever, encore se tomber sans ennui
Prétendre de voyager au-delà des limites du trépas
Et se retourner pour faire face à l’ombre là bas.

John DORVILIER (HAITI)




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