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POÈME 320




PASSEPORT POUR JÉRUSALEM

Demain j’irai vers toi, ô cité des Seigneurs,
A tes portes de bronze je présenterai mon cœur,
Passeport de chair dont les lignes sanguines
Tracent en filigrane le nom de Palestine.
Mes yeux qui, si longtemps n’ont point vu tes lumières,
Laisseront leurs regards errer sur tes splendeurs,
Et mon âme si longtemps privée de tes prières
Vers Dieu élèvera son cantique de bonheur.
Mes genoux fléchiront sous l’or de tes coupoles
Et mon front s’abîmera sur ton sol sanctifié,
Mes mains s’épanouiront en de blanches corolles
Pour toucher pieusement tes murs ressuscités.
Car tu fus, ô ma ville, un lieu choisi par Dieu
Pour dire aux mortels qu’ils sont frères sur la terre,
Car tu fus, ô ma ville, un corps élu par Dieu
Pour souffrir dans ta chair les stigmates de la guerre.
On t’a dit que la paix en ton nom s’est logée,
Mais sais-tu qu’à Gaza, à Naplouse et dans d’autres cités,
L’honneur de mourir pour ma terre bien-aimée
Arme de pierres blanches mon peuple désespéré?
Demain j’irai vers toi ô cité des prophètes,
J’irai droit devant moi, j’irai dans les sentiers
Où les cyprès se meurent en l’absence des rosiers,
Où les hommes sont las des terrestres conquêtes.
Sous mes pas revivra la divine aventure
De ces princes appelés au service divin,
Seigneurs dont l’âme altière connut toutes les blessures
Avant de s’affirmer la force des humains.
Comme eux je m’en irai vers la Terre Promise
Conduisant tout mon peuple vers les lieux où Moïse
Les yeux encore brûlants des saints commandements
S’en alla pour l’histoire et la fin des tourments.
Comme eux je gravirai le chemin du calvaire,
Porté par une foule ardente et téméraire,
Et sur le Golgotha de pierre, je transmettrai aux miens
Le message d’amour du Christ palestinien.
Comme eux, je suivrai l’ange dans les cieux sanctifiés,
Je volerai très haut vers les blancs minarets,
Au Dôme du Rocher, mon verbe mélodieux
Dira le nom de Mahomet et la puissance de Dieu.
Demain, j’irai vers toi ô cité du pardon,
L’enfant qui te quitta pleurant ton abandon,
L’enfant qui s’en alla dans les nuits solitaires
Ne sera plus cette ombre sur les routes étrangères.
Car tout est devenu pour moi pur comme un poème,
Et je reviens à toi à l’âge des goûts suprêmes,
L’esprit illuminé par ta sainte splendeur,
A tes portes de gloire, je présenterai mon cœur
Passeport de chair dont les lignes divines
Tracent en filigrane le nom de Palestine.

Mélika Golcem Ben Redjeb (TUNISIE)




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