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POÈME 318




EGOS

Par ci, par là, l'on danse,
Les corps fébriles en transe
Font vivre le culte du bonheur sans joie:
Des moments de rêve d'un monde sans foi.
Par ci, par là, l'on court,
Pour céder à nos folies un libre cours;
Les mesures sur les fausses grandeurs
Amputent la coupe de nos valeurs.
Par ci, par là, l'on parle,
Les mots au-devant des paroles
Accusent l'innocent, le lient au barreau:
Malhonnête, cette amitié qui vire au tombeau.
Par ci, par là, l'on se dispute,
Croyant au signal pour la fuite,
Courir vers son obstacle.
Crier à tort, moisir dans son cercle.
Par ci, par là, l'on rit,
L'on montre ses dents couleur de riz,
L'on se sauve d'une loi,
Les hommes meurent sur leur croix.
Par ci, par là, l'on pleure,
D’être dans des leurres.
L'on se montre dans une tristesse
Qu'une larme démaquille de justesse.
Par ci, par là, l'on jubile
D'avoir gagne un jouet futile,
Garnir son armorie horrible
De la peine des autres. Diable !
Par ci, par là, l'on se bat,
Pour redonner aux autres d'ici-bas,
Le respect de soi pour le culte du moi,
Le sens du gratuit pour reprendre la foi.
Par ci, par là, l'on se tue,
Le refuge au bout d'un abri qui tue:
Un égarement certain
De ceux se croient sereins.

Mamadou NGOM (SÉNÉGAL)




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