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POÈME 298




LE POÈTE INSOLITE

Salut noble poète, paré de verts lauriers,
Salut, Géant des mots, Seigneur des fiefs rêveurs,
Salut Orphée moderne au chant plein de ferveur,
Salut devin étrange aux oracles sacrés !

Seule la terre d’exil peut t’avoir enfanté,
Toi qui portes ton don au-delà de ce monde,
Toi qui graves ta voix sur les douleurs fécondes,
Et offre tes arpèges au luth d’éternité.

Car ta force prend sa source aux abysses de l’âme
Quand montent des volcans les laves en fusion,
Quand roulent les scories des amères déceptions,
Quand se mêlent au feu la glace et le rire au drame.

Tu crées par tes écrits des saisons insolites
Où l’automne impatient convoque le printemps,
Sans que l’Hiver trahi n’interroge le temps,
Sans que l’été radieux n’ait teinte d’alexandrite.

Les roses sous tes doigts sont des fleurs sans pensées,
Et les violettes s’effeuillent en de tristes regrets,
Tu aimes l’orchidée aux pâleurs somptueuses,
Et le mauve lilas aux senteurs vaporeuses.

Tes yeux s’enivrent du jour aux aurores nacrées
Et ton cœur fier et libre succombe à la beauté,
Car pris au sortilège de l’amour sublimé,
Tu changes ta propre plume en abeille dorée.

Les fleurs qu’elle butine sont les émois des êtres,
Et le miel qu’elle engendre a saveur d’hydromel,
La douceur de ses vers estompe le mal être
Et le charme des mots rend les sons immortels.

Mais lorsque gronde l’orage des tempêtes honnies
Que les hommes s’insurgent et maudissent le sort
Le poète est médium et il tonne les accords
De l’ardente, la brûlante et divine symphonie.

Mélika Golcem Ben Redjeb (TUNISIE)


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