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POÈME 287




MAINS

Mains caleuses, creuses et nombreuses
Sur la terre terrassée, tressée de tracés,
Mains aubaines, mains fontaines
Sur les sillons des pilons et des millions.
Mains !
Mains trouées, secouées et fouettées
Qui charmez les chariots et les sots sabots
Sur les routes qui déroutent la croute
D'azurs et d'usure qui durent.
Mains !
Des mains, chemins de lendemains,
De porter mon corps, encore, aux accords des cors
Qui suent la chaleur des labeurs et des saveurs
Tel soleil en sommeil, vieil astre en mon éveil.
Mains !
Mains vides, perfides et ivres de sollicitudes,
De grains au gré de festins et de destin,
De servir l'avenir de mille souvenirs
Aux détours des détresses, déesses de sécheresse.
Mains !
Mains fendues, tendues au du suspendu,
Au roi, aux voix, à la foi qui soit voie,
A mon départ vers ces ares sans rempart,
Sans abri, sans repli, sans ami, sans avis.
Mains !
Mains sales des salles et des vandales
Qui m'entourent de tours sans pourtours,
De regards tout hasards sur mes retards,
Crieurs, mineurs d'un malheur qui demeure.
Mains !
Mains porteuses, pelleteuses, prieuses
Sur mon silence, semence d'autres sens.
Je porte au macadam, les ames d'Adam,
Je laisse en laisse l'allégresse à la sagesse.
Mains !
Mains qui s'ouvrent, Mains qui oeuvrent.
Mains des mains.

Mamadou NGOM (SÉNÉGAL)


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