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POÈME 272




OASIS

Ma rivière est à sec depuis la dernière lune,
Je traîne ma soif dans le désert de ma vue.
Reflets ivres aux pas lourds dans les dunes,
Noire, la chaleur ardente dans le feu de mon avenue,
Ce témoin au-dessus de mon calvaire,
Encore silencieux de son orage suspendu,
Me dévisage, mêlant son dur mistral à l'air,
Aux brûlures de ma peau déjà corrompue.
Je suai de grosses gouttes sous le soleil.
Des vertiges me liaient les jambes.
Seuls mes yeux somnolents gardaient leur éveil
Dans ce désespoir, vivier de mes crampes.
Ma rivière est à sec depuis la dernière lune,
Je prie à genoux devant l'oasis, eau salvatrice,
Litanie de tous les hommes d'infortune,
Blanches gorgées, fraîches dans tout le calice.
Oasis!

Mamadou NGOM (SÉNÉGAL)


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