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POÈME 230




COULEURS

Couleurs ! Reflets de tout mon acide breuvage.
Je reviens des terres retournées.Calcinées.
Iles oubliées. Hécatombes endimanchées.
Je souffre du désastre et du carnage.
Je suis au sol, dans la boue et le sang.
Je gis.Des mirages, des pas passent.
Ils me piétinent la voix et toute la face
Comme de me vouloir aveugle, muet sans dent.
Couleurs ! Forces de toute ma vie qui vacille.
Je serre les dents sur mes petites lèvres.
Supplice. Espoir. Fortes fièvres !
Déchirures. Cris venins au rouge faucille.
Dans l'horreur de l'impasse, le rai-oxygène !
La main fendue, je m'accroche à mon salut:
Ces douces couleurs dans ma vue
Quand approche, le souffle, sans gène.
Couleurs ! Artères sanctifiées !
Je passai sous les vivas des filaos,
Rampant. La fierté au coin des yeux,
Qui ne voient sous ces tristes cieux
Ni ami, ni chien, ni mégot.
Je m'allonge. Mon paradis est ouvert!
Les portails dorés s'écartent doucement.
Des azurs veloutés défilent longuement.
Des ètres ailés escortent mon univers.
Couleurs ! Quelle remontée salvatrice !
Aux destinées de mes restes endoloris
Des demeures gigantesques d'un coloris
Et d'un paysage aux lumières bienfaitrices.
Je ne vois ni trophée ni parchemin
De mon calvaire et de mon infortune
Que des couleurs diurnes
Qui frayaient à mon espoir un destin:
La Francophonie.

Mamadou NGOM (SÉNÉGAL)


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