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POÈME 194











ROI HENRI CHRISTOPHE

J’ai porté au matin de l’enfance une croix
Bravant le refus sans me demander pourquoi
En foulant du pied la honte, l’humiliation
Le vécu fielleux d’une génération

Le courage m’ignorait, m’abandonnait gré
Ma faiblesse me fixait Oh! conte de fée
J’ai aimé pourtant j’ai durci mon beau visage
Vieilli de morsures, d’injures d’usage

J’ai dû ramasser de mon coeur le peu restant
A vaincre la peur, oui! A vaincre le portant
De ce vil sous-homme, car je suis l’un des hommes
Je me réveille, me secoue de ce dur somme

Mon Dieu, Ma Patrie, Mon Epée! Triple racine
Fidèle philosophie, cette triple épine
M’idéalisant à renaître de mes cendres
D’aucun compte à rendre, de rien à méprendre

Je me suis taillé dans le roc, me suis fait Roi
Je méprisais l’honneur même dans son carquois
Pourtant le prestige me talonnait de près
En imposant ma volonté à servir: “Paix”

Ma vision suscitait l’admiration des dieux
Jalousée de l’emportement des co-aïeux
Car je travaillais pour ne plus être soumis
Mais compté, les négociants du monde, parmi

Je n’ai pas peur d’être blessé, d’être trahi
Je n’ai pas peur d’être coincé, d’être maudit
Puisque ma nature est crin de fer à dompter
Ce qui entrave les miens, en Grand, de rêver

J’ai opté de placer au sommet le plus haut
La citadelle stratégique en duo
En choeur de pensée et d’action manifeste
De dominer, signe de prédiction céleste

J’ai traversé, Oh! Oui, j’ai franchi la frontière
De l’autre vie de l’autre monde, ce fut hier
Vie d’esprit surélevée, vie sacré de cadre
Du sceptre saisi aux flancs de visions de s’ardre

Oh! Cette génération trouble mon repos
Pour un rien, detenir des secrets, oui! Leur lot!
A laquelle je ne suis jamais apparu
Puisqu’elle se fixe aux voies détournées perdues

J’ai laissé après moi mes ambitions, mes rêves
Oui! Pour alléger l’épaule de ceux qui crèvent
Et aujourd’hui, vit une identité, mon nom
Et des marques d’empreinte digne de renom

J’ai fait fuir à tout bout de champ creux l’indolence
J’ai haï vrai de toutes mes forces la somnolence
La paresse, de l’intérieur m’est indigeste
De l’extérieur m’est infecte, m’est une peste

J’habite une vive gloire extraordinaire
D’un dieu vêtu ayant l’art de bien faire
Que nul profane classé ne saurait comprendre
Si ce n’est un pareil esprit qui peut m’entendre

Au milieu de la foudre, de rayon d’éclair
Je vis, je demeure enveloppé de saint air
Je renaîtrai comme je l’ai brodé à l’étoffe
Je suis et je resterai Roi Henri Christophe.

Francion Thimothe Jean-Jacques (HAITI)


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