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POÈME 171











LA RUE

C’est une rue où le sang et les pleurs coulent à flots
Les mots sont criés en sourdine
C’est une rue où l’histoire de mille misérables vies
Cette rue , c’est vrai , n’est pas le « Club Méditerranée »
C’est une simple rue…
Je suis cette rue et je vous invite
A partager mes haillons, ma faim , ma misère et mes poubelles…
Je suis la rue et je vous invite ,ici le spectacle est permanent
C’est un homme qui n’a pas fini de creuser
Et qui n’en finira jamais
C’est un homme qui ne sait plus pourquoi
Il s’adonne au « kif » et à l’alcool
C’est un homme qui attend toujours en tendant la main
A ces cinq centimes qu’il lui faut
Pour son quotidien quart de pain…
Je suis la rue et je vous invite ,ici le spectacle est permanent
C’est une femme qui vient d’être battue…
C’est une femme qui cherche des poux dans les cheveux de sa fille
C’est une femme qui lit les avenirs
Dans des cartes et des tasses de café
C’est une femme qui fait de la chimie made in chez nous…
Je suis la rue et je vous invite , ici le spectacle est permanent
C’est un enfant qui n’a jamais connu l’école
C’est un enfant qui joue dans les égouts
C’est un enfant qui frappe déjà son père et sa mère
C’est un enfant qui vend des poules maladives
Volées ce matin au marché de la ville
C’est un enfant qui a déjà fait connaissance avec la vie
Je suis la rue et je vous invite
Ici ce n’est pas le « Club Méditerranée »
C’est une simple rue , mais le spectacle est permanent…

Noureddine NEGGAZ ( MAROC)


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