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POÈME 162




LUEURS

Le jour va se lever et ma peine va finir.
Ils seront bientot las de me punir,
Fatigués de me battre, de me hair,
Ils arréteront de ricaner et de sévir.
Ma souffrance n'a que trop duré!
Est venue l'heure de la Liberté!
L'instant fatidique, la seconde souhaitée.
Pour renaitre en soldat de la vérité,
Crier au-dessus des palaces et des cités
Rassembler les restes de coeurs meurtris
Sauvagement saccagés et flétris
Barricadés, empétrés dans ces débris
Jadis chateaux fleuris
Qu'éclairait la lune, solennelle.
Bientot, plus de sentinelle
Ni de peine correctionnelle.
Ces regards me seront fraternels,
Et debout, mes pairs sortiront.
Ensemble, d'un pas ferme, nous batirons.
Et lèverons la main sans juron.
Cet instant est proche des environs.
Le jour va se lever.
Ils tarderont de se coucher.
Au tour des DIOUNDIOUG de résonner
Au tour des verrous de sauter.
Les chambres froides et noires
De s'ouvrir au soleil chaque soir,
Des meubles inertes de se mouvoir,
De voler d'une seule aile vers le parloir.
Ils ont besoin de crier.
Ils ont envie de vibrer.
Ils se doivent de démériter
Du sacrifice injuste qu'ils ont enduré.
Tous les hommes sont égaux.
Devant la glace. Devant le barreau.
Sur la terre et dans les eaux,
Dans le paillasson et dans le chateau.
L'instant fatidique? La minute attendue.
Ils ne réclament pas de du.
Ils n'espèrent que respect et vertu,
Et ne marcheront pas aux cotés du superflu.
Telles, lueurs,
Aux voyeurs.

Mamadou NGOM (SÉNÉGAL)


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