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POÈME 116




Le cimetière des éléphants

Au crépuscule de ma vie,
des lunes pleureuses en immobile,
accompagneront mon âme
où vont mourir les éléphants.
A Dieu plaise qu’il y’ai milles cymbales,
et des hérauts clamant en allant l’amble,
mon ardent désir de renaitre libre de mes antécédents,
quand la lune sur mon dos se dénudera de profil,
et se cachera se léchant l’aine,
de l’opprobre de sentir la race inférieure,
comme un sang coagulé
non convaincu sur sa combinaison génétique.
Au crépuscule de ma vie s’il vous plait
vous déguiser …
Au crépuscule de ma vie
Trop d’ail dans ma soupe me donnant
mauvaise haleine,
un fou en haillon me reprochera peut être
mes élans vers moi-même,
en cet Afrique ce bordel,
où des peuples bégueules vivent avec frénésie,
leur vie en demi,
aboyant bruyamment,
chaque fois qu’on les vide de leurs phantasmes
par électrolyse,
pour ne point jouir des vers de Rimbaud,
que leur ramène la francophonie.
Prendrai-je cette vague de napalm,
que chevaucha mon premier poème,
et dont l’allure m’est restée en travers de la gorge
Comme un impôt sur le droit de rire ?
Me persiste pourtant cette impression d’inutilité
que je tiens de ma noblesse inversée.
Le chant des grillons berce mes morts.
Que ne sont-ils des phalènes,
et moi un feu de joie se consumant
Pour leur bonheur ?
La francophonie un art ? Non
Une quête plutôt vers un mieux-être universel.
Qu’on me fixe à des feux-follets,
moi la douleur faite chair
Pour me crever l’abcès à coups de rire.
Ma terre mangée saignante,
l’est au champagne et sans sel,
puisqu’elle baigne dans six siècles de larmes.
Ne vous déplaise ma nausée des vins moussant
à la plaine lune.
Je vis une orgie constante.
Élaguez-moi la bile plutôt,
au lieu de boire dans ma tête
comme dans un bénitier.
Ma soif d’aimer déborde vos frontières.
La vérité si je mens …
Je suis francophone cela me suffit.

NOJAT GATIEN (REP. DU CONGO)


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